Les phoques

Derniers jours de beau temps avant une nouvelle période de tempête (à l’heure où j’écris nous avons 100 nœuds de vent annoncés, je ne vois déjà plus le bâtiment d’à côté et mon écran bouge dans tous les sens). Coline organise donc une nouvelle expédition à laquelle j’aurai l’honneur de participer.

Le but de la manœuvre est de partir chercher des phoques sur la banquise en direction de l’île pasteur, et de transponder tous ceux qui ne le sont pas.

Ce transpondage permettra un suivi individuel des phoques pour obtenir des informations sur la population d’ici (taux de survie, évolution de la population, fécondité…) et comparer ces évolutions avec celles de l’environnement pour tenter d’en trouver les liens de causalité.

L’île se trouve à plusieurs kilomètres de la base et c’est donc une belle journée de marche qui nous attends, dans une chaleur qui nous paraît caniculaire (-17°C sans vent), et sous un bon gros trou dans la couche d’ozone et tous les rayonnements qui vont avec.

Vérification du minimum vital (corde, vêtements de rechange, radio, crampons…), chargement du matériel photographique dans la pulka et nous voilà parti dans une direction où il ne semble rien y avoir à part de la glace et quelques cailloux.

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L’expédition se compose aujourd’hui de :

  • Coline, ornitho responsable du programme de comptage des phoques
  • Elodie, ornitho
  • Louis, électrotech
  • Etienne, bout-de-bois
  • Aurélien, chef cuistot
  • Moi-même, chef tech
  • Scrat, écureuil préhistorique

Nous longeons le glacier, nous faisant ainsi passer dans la zone de chaos, ou la pression de la glace charriée par le glacier contre la banquise disloque tout. C’est donc un paysage lunaire que nous traversons dans lequel les seuls bruits sont ceux de nos crampons.

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dans le chaos

Sur le chemin nous croisons des failles monumentales de bien 10 cm de larges, ce qui nous permet de mettre en œuvre notre expérience de secourisme sur glace sur Louis qui a réussi à y glisser un orteil. Pourtant étant au niveau de la mer c’est pas le manque d’oxygène qui créer ça, mais j’ai l’impression que les neurones ont du mal à fonctionner correctement…

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Scrat qui récupère sa noisette

Après quelques arrêts pour contrôler la présence de bestioles à la jumelle, Coline en repère enfin un. En nous approchant on se rend compte que ce n’est pas juste un phoque mais une femelle avec son petit.

Et force est de constater que comme ceux que j’ai rencontrés en Islande, les principales activités de ces gros machins sont de rester vautrer sur la glace, et plonger de temps en temps quand la faim l’emporte sur la flemme. La vraie vie quoi.

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Phoques occupés à faire ce qu’ils font de mieux : rien

Pour leur défense, la glace alentour porte encore les stigmates d’un accouchement pas si vieux et visiblement long et douloureux. Un petit congé maternité ne semble pas du luxe.

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La première manip à faire est de vérifier si les bestioles sont déjà transpondées. Pour ça Coline utilise une antenne qui va lire la puce et faire un « bip » pour indiquer qu’il en a lu un.

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Pas de « bip », pas de puce, et ça sera le cas pour ces deux là, ce qui veut dire qu’on va passer aux choses sérieuses : le transpondage.

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Préparation du matériel

Il faut d’abord s’occuper du petit, et donc l’éloigner de sa mère.

Les phoques n’ayant pas de prédateurs hors de l’eau, ils nous regardent avec curiosité voire désintérêt.

Il faut alors s’emparer du petit et le trainer à l’écart, sous l’œil interrogatif de la mère.

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A ce moment la mère cherche alors à défendre son petit un criant sans s’arrêter. J’imagine que c’est de là que vient l’expression « plaider comme un phoque ».

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Alors c’est vrai que c’est assez impressionnant comme animal, mais niveau mode de défense de sa progéniture on a quand même connu mieux. Certains essayent quand même de venir aider le petit et il faut alors s’interposer en faisant de grands mouvements pour l’impressionner et stopper sa « charge » (comprenez sa maladroite avancée en faisant des petits sauts ridicules sur le ventre).

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Bon celui-là avait pas l’air franchement impressionné par Etienne, je crois qu’il essayait juste  de reproduire ses gestes…

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On dirait de vieux potes qui se retrouvent
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Et pendant ce temps là, Scrat s’en fout

Pendant ce temps le veau (puisque c’est comme ça qu’on appelle un bébé phoque) est maitrisé, transpondé, puis pesé.

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Capture
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Pesée de bébé phoque

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retrouvailles

Ça, c’était la partie facile, il reste la mère à transponder, et ça va pas être la même paire de manche pour la maîtriser.

  • Dis Coline ça pèse ses combien ce gros machin ?
  • Ça peut aller dans les 500 kg
  • ….

Ok on va essayer de pas laisser traîner la jambe dessous.

Il faut d’abord réussi à lui mettre une sorte de gros bonnet en forme de filet à papillon, mais avec un papillon de 500 kg qui gigote dans tous les sens.

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Puis tout le monde se met rapidement dessus pour le bloquer, le temps de le transponder et de le mesurer. Ça a peut-être l’air simple dit comme ça, mais il gigote un paquet de temps avant de se calmer et tout le monde finit essoufflé à la fin de la manœuvre.

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Capture de phoque adulte

Plus tard dans la journée et avec mon karma légendaire je raterai un accouchement de phoque alors que j’étais occupé à photographier des morceaux de glaces.

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Bébé phoque de quelques minutes seulement

Évidemment ceux-là nous les avons laissés tranquille…pour l’instant.

Ce sont finalement 9 phoques que nous aurons transpondés dans la journée, soit une bonne moyenne aux dires de Coline.

Et pour finir des photos de phoques en vrac

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4 réflexions sur “Les phoques

  1. Bonjour!
    On ne s’est pas beaucoup connu à Hispano Sylvain mais ayant vu un reportage cette semaine sur l’Antarctique j’ai pensé à ce départ pour le pole sud.
    Moi même photographe amateur les photos sont de toutes beauté.
    Bonne continuation et bon courage!
    Julien

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